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mercredi 11 novembre 2015

Les effets de l'ivermectine sur l'écosystème

 Un article sur l'ivermectine (via Terres et chevaux : Agro-écologie équine​). 

Traduction :
Les éleveurs du monde entier utilisent de l'ivermectine, un vermifuge, pour garder leurs troupeaux en bonne santé.

Des scientifiques espagnols affirment que des insectes comme le bousier peuvent payer un prix élevé à la popularité de ce médicament. Les populations de bousiers sont en baisse dans les écosystèmes méditerranéens où l'utilisation de l'ivermectine est plus concentrée.

Un médicament anti-parasitaire réduit le nombre de bousiers en Méditerrannée, d'après les chercheurs.
Photo Ibero-American Centre for Biodiversity

Contrairement à ce qui est indiqué dans les résultats des études sur l'ivermectine menées par des auteurs vétérinaires, les molécules de la médecine peuvent survivre dans le tractus digestif d'un animal et sortir intactes. Les résidus de médicaments peuvent rester actifs pendant un mois dans les fèces des animaux, nuisant non seulement aux parasites pour lesquels ils sont conçus, mais aussi aux populations d'arthropodes.

Une équipe de chercheurs de France et d'Espagne a révélé que les bousiers exposés à l'ivermectine dans le laboratoire montraient une baisse sensorielle et musculo-squelettique. Leur mobilité, leur orientation et leurs capacités de reproduction ont toutes été négativement affectées.

Ces résultats ont été corroborés par des observations sur le terrain. La décomposition moyenne de fumier était jusqu'à 30% plus faible dans les zones d'utilisation de l'ivermectine concentrée. Les scientifiques disent que la différence peut être expliquée par le déclin des populations de bousiers dans ces régions.

"La différence entre une terre avec des scarabées et une terre sans, est la différence entre environ 350kg de fumier par hectare et par an qui ne sont pas recyclés dans les zones touchées par l'ivermectine," ont écrit les chercheurs dans leur nouvel article sur le sujet, publié cette semaine dans Scientific Reports.

L'ivermectine a été extrêmement efficace depuis sa découverte dans les années 1980. Mais les scientifiques disent qu'il y a aujourd'hui plus d'effets secondaires négatifs, à prendre en compte pour décider quand, où et combien en administrer aux animaux.

L'accumulation de fumier supplémentaire, la colonisation de plantes hautement nitrophiles et une réduction de la biodiversité figurent parmi les inconvénients à la fois pour l'élevage et l'écosystème. 

Voilà pourquoi on tâche d'éviter autant que possible l'usage d'ivermectine en particulier, et de vermicides chimiques en général. Les recherches nous montrent de plus en plus qu'une quantité très importante de plantes présentent des propriétés vermifuges intéressantes et à exploiter pour maintenir un état de parasitisme équilibré dans l'organisme du cheval, sans recourir nécessairement à des molécules aussi dévastatrices pour l'environnement que pour l'organisme équin.

dimanche 11 octobre 2015

L'harmonie avec la nature

Aux écuries, je cherche à créer un espace où les chevaux s'intègrent au sein de l'écosystème existant, sans le déséquilibrer. En d'autres termes, je cherche à faire en sorte que les chevaux vivent en harmonie avec la nature du lieu. Mais qu'est-ce que ça veut dire, au fond, "vivre en harmonie avec la nature" ? 

On dit souvent que les indiens d'Amérique vivaient en harmonie avec la nature : mais qu'est-ce que cela signifie ?

Il ne s'agit pas uniquement de suivre le cours de la nature comme si nous n'en faisions pas partie. Certes, ici il n'est pas naturel d'avoir des chevaux, ce n'est pas une espèce locale. Et quand bien même on pourrait trouver des chevaux sauvages, ils ne vivraient pas dans les mêmes conditions que les nôtres puisqu'ils ne vivraient pas confinés dans un espace restreint ; aussi large qu'on peut leur offrir, oui, mais même un très grand parc reste petit par rapport aux habitudes naturelles des chevaux.  

Notre présence a forcément un impact sur la nature, et c'est même parfaitement normal puisque nous faisons partie intégrante de la nature, nous n'en sommes pas que de simples usagers : nous sommes, nous aussi, la nature. Comme le dit Stéphane Hessel : 
"L’homme n’est pas le maître de la nature. Il en est seulement une composante."
Et nos actions font partie de la nature, la modifient, l'adaptent : comme le font toutes les espèces vivantes sur terre. Comme le prédateur en chassant, comme l'arbre en poussant, comme le lombric en modifiant le sol. Alors la première chose est d'accepter le fait que notre présence a forcément des conséquences, et que ça n'est ni "bien" ni "mal", que c'est juste normal. Ce qui ne veut pas dire que l'on peut faire ce que l'on veut sans se soucier de rien ! Mais cela signifie que la nature est ce que nous en faisons, nous, au même titre que les espèces sauvages.


Le forêt s'adapte au passage des animaux, humains, équins, mais aussi à toutes les autres espèces

La nature d'ici peut vivre sans les chevaux ; mais les chevaux d'ici ne peuvent vivre sans la nature. C'est elle qui leur fournit la nourriture qu'ils mangent, l'eau qu'ils boivent, les abris pour se protéger des intempéries. Et tout cela implique que les chevaux ont nécessairement un impact sur leur environnement
  • S'ils mangent des végétaux sauvages directement sur pied, la diversité floristique du parc s'en retrouve modifiée : certaines espèces seront plus consommées que d'autres, leur cycle de reproduction sera en partie interrompu, impacté par la consommation des chevaux. 
  • Pour accéder à l'eau du ruisseau, ils en piétinent les bords humides et instables, et remuent les couches superficielles de terre avec l'eau à chaque fois qu'ils y entrent, provoquant des modifications de l'oxygénation, de la luminosité dans l'eau, etc., et donc de la faune et de la flore aquatiques.
  • Pour boire au bac à eau on a besoin d'utiliser des accès à des canaux construits, ici le Canal de Provence p.ex., avec les conséquences que sa construction a eue sur les différentes rivières locales, la Durance notamment, et les écosystèmes associés.
  • Pour disposer de foin à volonté toute l'année, on doit consacrer des espaces entiers à la production de fourrages (qui, eux, seront produits uniquement à une saison précise, pour une année entière de consommation). Selon la conscience agro-écologique de chaque producteur, les conséquences de la culture sur les sols sera différente, mais son action ne sera jamais sans conséquence. 
  • Lorsque les chevaux sont hébergés dans un espace clos, et ce quelles que soient les dimensions de cet espace, toutes leurs déjections sont produites sur cet espace restreint : leur concentration, de même que leur composition (si elles sont chargées en divers intrants chimiques provenant, notamment, de la consommation de vermicides de synthèse), aura une influence sur la vie de la faune coprophage et sur le développement ultérieur de la flore. 
  • On entend souvent dire que les chevaux tassent le sol : en effet, même lorsqu'ils vivent dans de grandes surfaces, ils auront tendance à emprunter toujours les mêmes chemins et à stagner souvent dans les mêmes endroits (abris, lieux de nourrissage, lieux habituels de sieste, etc.). Le sol se retrouve modifié dans ces lieux, et si la végétation peur y repousser, elle ne sera plus de la même nature que là où le sol est libre du passage répété des chevaux (typiquement, le plantain s'y développera au détriment d'autres plantes nécessitant des sols aérés). 

La culture du foin modifie sols et paysages.


Vivre en harmonie avec la nature, ça signifie également avoir conscience que la nature n'est pas nécessairement un paradis immaculé dénué de tout danger. Outre les différents prédateurs que l'on peut y rencontrer (même si, certes, les grands prédateurs sont encore assez rares sous nos latitudes !), il faut prendre également en compte la présence de la faune vectrice de maladies (je pense notamment au développement constant des moustiques que l'on observe d'année en année), et de la flore toxique : loin de paniquer à la simple présence d'essences potentiellement dangereuses (érables ou certains types de chênes), il est surtout important de bien connaître chaque plante et d'être capable d'aménager l'espace afin d'en protéger les chevaux autant que possible, tout en gardant à l'esprit que la nature ne sera jamais ni un support stérile, ni un milieu dénué de dangers et d'aléas. Il faut savoir faire la différence entre d'une part le danger manifeste du développement du séneçon de Jacob et le besoin urgent d'agir pour en limiter le développement, et d'autre part le risque potentiel de surconsommation des glands de certains chênes (sans nécessairement éradiquer la présence de toute espèce de chêne dans les parcs puisque tous ne sont pas toxiques et que leur présence est bénéfique à d'autres égards).

Il existe quelques rares grands prédateurs qui eux aussi font partie de la nature.

Il faut accepter que l'on ne peut vivre dans la nature sans la modifier, mais que l'on ne doit pas considérer la nature comme un élément que l'on peut librement plier à notre guise sans limite. Nous faisons bel et bien partie de l'équilibre naturel, nous ne sommes ni des parasites ni des utilisateurs-consommateurs, mais nous sommes de simples acteurs de la nature et à ce titre, ce que nous faisons doit veiller à respecter cet équilibre qui nous maintient en vie au même titre que toutes les espèces vivantes.

Vivre en harmonie avec la nature : ni pour la dompter, ni pour l'exploiter.

L'harmonie avec la nature n'est pas donnée, elle n'est pas naturelle : elle se cherche et se construit. À l'échelle d'un troupeau de chevaux, on adapte la nature pour le troupeau lui-même, ni plus ni moins, tout en veillant à ce que le troupeau lui aussi s'adapte au milieu sans le détruire. Notre objectif n'est pas de produire au-delà des besoins propres au troupeau, nous ne sommes pas là pour produire des richesses artificielles, mais pour maintenir la richesse intrinsèque du lieu.

Participer activement au cycle de la nature, c'est y prendre notre juste place : ni plus, ni moins.

Nous sommes là pour participer au cycle de la nature. Nous modifions la nature pour y avoir notre place, pour pouvoir y vivre et y faire vivre nos chevaux. Mais nous ne cherchons pas à dominer la nature : ce que nous consommons d'un côté, nous le restituons de l'autre, en nous intégrant à son cycle. Je terminerai pour illustrer cela par une citation de Hehaka Sapa, auteur Sioux, dont les idées rejoignent étonnamment (quoique pas si étonnamment que ça en fait) ce que l'on peut retrouver dans la philosophie chinoise du Tao par exemple :
"Que suis-je pour raconter l'histoire de ma vie ? Demain je serai de l'herbe sur les collines. Et l'on peut poursuivre : demain, le bison mangera cette herbe qui lui donne vie. Et des Indiens mangeront le bison qui leur donne vie. La vie circule, n'appartient en propre ni au bison, ni à l'herbe, ni à l'Indien. Elle est leur bien commun, elle les fait frères dans la mesure où ils la partagent, comme elle les fait alliés, dans la mesure où ils se la donnent les uns les autres."

lundi 28 septembre 2015

Spiranthes spiralis

La magnifique surprise de l'après-midi : une station de Spiranthes Spiralis ("spiranthe d'automne") juste à côté du parc. Je n'en avais jamais vu en vrai et si je n'avais pas connu l'espèce je n'aurais jamais reconnu que c'était une orchidée !

Spiranthes Spiralis

Spiranthes Spiralis

vendredi 4 septembre 2015

Une feuille ?

Non mais comment ne pas s'émerveiller devant un telle chose ?
Évidemment la première fois que je suis passée devant j'ai cru que c'était une feuille, mais pas du tout. Elle est juste splendide.


Voici Smerinthus ocellata, le sphinx ocellé ou sphinx demi-paon (parce que le papillon a des "yeux" sur l'arrière de ses ailes). Pour en savoir plus, on peut regarder par exemple ici.

dimanche 12 juillet 2015

Lucane cerf-volant

Une jolie femelle, d'une belle taille ! (qui faisait bien ses 5cm, j'aurais même dit un peu plus), aperçue sur un chemin du parc.


Elle ne présente pas les grosses mandibules caractéristiques du mâle.

mercredi 27 mai 2015

Plantes de la garrigue

La partie la plus haute du parc est une garrigue : sèche, ensoleillée, le sol est fort drainé et reste sec toute l'année (même piétiné par les chevaux). Voici un tout petit aperçu ce que ce coin nous offre (mais la liste n'est pas exhaustive !).

Arbres et arbustes 


Dans cette partie du parc se côtoient à peu près en proportions égales des conifères (essentiellement des genévriers et des pins) et des feuillus (essentiellement des chênes).

Le pin d'Alep — Pinus halepensis

Le plus représenté des pins par ici, mais pas l'unique ! C'est un pin des zones calcaires et ensoleillées, qui craint le froid et l'humidité. Ici deux individus assez âgés, c'est-à-dire de grande taille (15 à 20m de haut) et présentant de nombreuses branches sèches sur la partie basse du tronc.

Pins d'Alep (mai 2015)

Le cade, ou genévrier oxycèdre — Juniperus oxycedrus

L'autre grand représentant de la garrigue c'est bien sûr le cade. Il aime les sols calcaires et acides. Un arbre au bois extraordinaire avec lequel on peut fabriquer toutes sortes de choses, et qui porte un parfum sans égal ! Il offre aussi un abri efficace pour les entrées des terriers, et pour les plantes fragiles.

Détail des feuilles de cade (mai 2015)

Le chêne blanc — Quercus pubescens

En général ce sont plutôt des chênes kermès et des chênes verts que l'on trouve en garrigue, mais comme celle-ci est en bordure de forêt, elle présente quelques très beaux individus qui ont bien poussé puisqu'ils ont peu de concurrence, et procurent une ombre bien appréciable pendant les fortes chaleurs.

Jeunes feuilles de chêne blanc (mai 2015)

Le chêne vert, ou yeuse — Quercus ilex

Lui est plus habituel dans ce milieu. Contrairement au chêne blanc, celui-ci ne perd pas ses feuilles en hiver ; alors, au printemps, il devient multicolore entre le vert gris foncé des feuilles des années précédentes et le vert tendre des nouvelles feuilles.

Jeunes feuilles de chêne vert (mai 2015)

Fleurs


Plantes héliophiles aux nombreuses vertus médicinales... toutes ne sont pas mangées par les chevaux, ou en petites quantités en cas de besoin uniquement ; mais chacune apporte sa participation à l'équilibre de l'ensemble. 

Thym vulgaire — Thymus vulgaris

Représentant emblématique de la garrigue, le thym est bien sûr présent dans cette partie du parc. Il est connu pour ses nombreuses vertus, donc l'une qui est retenue pour les chevaux est d'être vermifuge ; ici les chevaux en ont à leur disposition en libre accès et peuvent en consommer la juste quantité nécessaire à leur santé (...et à leur goût !).

Thym (avril 2014)

Lavande aspic — Lavandula latifolia

Elle est bien représentée dans la parc et non consommée par les chevaux. On en retrouve des pieds isolés plus ou moins développés près des cades.

Lavande aspic en boutons (mai 2015)

Ophrys bécasse — Ophrys scolopax

L'une de mes orchidées préférées, qui se cache souvent sous les cades et les romarins. On trouve de très nombreuses sortes d'orchidées dans la garrigue pour peu que l'on se donne la peine de chercher un peu. Je n'ai choisi que celle-ci parce que c'est l'une des toutes premières que j'ai découvertes, il y a des années, et qui m'a tellement fascinée que j'en ai conservé la passion.

Ophrys scolopax (avril 2014)

Petites fleurs diverses  

Il y a une très grande variété de petites fleurs de toutes les sortes et de toutes les couleurs. Ici un ibéris et un polygale (mais je ne sais pas de quel genre précis !).

Ibéris (mai 2015)
Polygale (avril 2014)

Astragale de Montpellier — Astragalus monspessulanus 

On trouve plusieurs légumineuses sauvages dans la garrigue, dont celle-ci aux délicates fleurs roses. Autant dire que les chevaux en raffolent, mais je veille à ce qu'elles trouvent le moyen de repousser :)

Astragale de Montpellier (mai 2015)


Romarin — Rosmarinus officinalis 

On en trouve assez peu dans cette partie du terrain mais c'est un classique de la garrigue.

Romarin (janvier 2015)

Genêt ailé — Genista sagittalis

Une toute petite fabacée qui tapisse certaines zones de ses fleurs jaunes.

Genêt ailé (avril 2014)

Vous en connaissez beaucoup, des parcs de chevaux qui offrent une telle diversité végétale, vous ? :)

samedi 2 mai 2015

Les retrouvailles du printemps

Quel plaisir de retrouver la diversité de la flore du parc !

Un an après je retrouve toutes les espèces que j'avais aperçues l'an dernier, et mêmes quelques nouvelles à côté desquelles j'étais passée l'année dernière :)

Genêt ailé + Thym


Polygale

Euphorbe

Ophrys scolopax

Orchis purpurea

Anacamptis pyramidalis en boutons


Cephalantera alba

Un bébé sorbier ?

Viorne-tin

Orchis olbiensis

Listeria ovata en boutons

Neottia nidus-avis

Les chevaux semblent apprécier l'écorce d'aubépine !


Polygale encore

samedi 3 janvier 2015

La faune sauvage

Lorsque les chevaux vivent dans des prés, ils partagent leur espace de vie avec d’autres animaux : faune sauvage qui peut traverser les parcs, y grappiller de la nourriture, voire y nicher ; faune d’élevage avec laquelle les chevaux peuvent alterner les prés, ou même cohabiter. Quelles sont les relations avec les autres animaux, leur présence est-elle bénéfique ? Que nous apportent-ils dans une gestion raisonnée de l’environnement ? Quels sont les éléments à surveiller pour que les échanges se déroulent bien entre chevaux et autres espèces ?

Petits et grand herbivores

Lièvres et lapins

Les lapins sont des petits mammifères qui vivent en groupe et creusent des terriers. Les lièvres, nettement plus grands et plus élancés, sont solitaires et nichent en plein air. Les deux sont herbivores et territoriaux (ils se déplacent autour de leur lieu de repos dans un périmètre défini qu’ils ne quittent que rarement). On les rencontre généralement dans les milieux ouverts, landes et garrigues.

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Un lièvre
Ils se nourrissent d’herbes, mais aussi de jeunes pousses, de tiges et d’écorces d’arbrisseaux, de racines, graines et bulbes souterrains, ainsi que de céréales, carottes et choux. Si la densité de lapins est importante, elle peut avoir un impact notable sur la reproduction de certaines plantes, et par conséquent des animaux qui se nourrissent de ces plantes également. Toutefois l’espèce est globalement à la limite d’être classée comme menacée d’extinction : la fragmentation de leurs territoires par les routes, la chasse et les maladies sont à l’origine d’une très forte baisse du nombre de lapins de garenne sauvages. Les lièvres sembleraient également devenir de plus en plus sensibles aux maladies, qui sont la cause d’une régression importante de l’espèce (1).

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Un lapin de garenne
Et cela a un prix : le surdéveloppement d’une flore héliophile présentant des dangers d’incendie, le manque de proies naturelles pour leurs prédateurs (loups, lynx et rapaces) qui risquent de se rabattre sur les animaux d’élevage, et le manque de mobilisation des graines du sol par le creusement des terriers.

Pour éviter cela, on peut par exemple veiller à maintenir dans le parc des espaces où les lapins peuvent loger, avec de la végétation et des branches basses pour cacher les entrées de terriers.

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Dans un espace de garrigue, on peut laisser en place un certain nombre de genévriers et autres
arbustes à branches basses afin de préserver des abris pour les lapins (©Les écuries du Grand Vallat)

Le chevreuil

Le chevreuil est un petit cervidé grégaire mesurant de 62 à 67 cm de haut, pesant entre 10 et 30 kg, qui vit aux alentours des zones forestières mixtes (feuillus et conifères). Il mange des plantes, des feuilles d’arbres, des branches, des écorces, des glands, du lierre, des ronces,... : il ne mange donc pas en principe de céréales ni de foin, par contre il peut se servir dans les minéraux mis à la disposition de nos équidés !

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Un chevreuil
Animal de fuite, il craint la présence de l'homme et pourra facilement sauter sans dommages par-dessus la plupart des clôtures de parcs à chevaux (il peut sauter jusqu'à 1,75m de haut).

Pendant une longue période de l’année, le mâle marque son territoire en se frottant aux arbres, ce qui peut devenir un problème lorsque les populations sont trop importantes, car ils nuisent à la pousse des chênes (2). Ses bois, caducs (qui tombent et son renouvelés chaque année) sont une source de minéraux pour les petits rongeurs tels que les écureuils.

Il peut transporter sur son pelage, sous ses pieds et dans son système digestif tout un ensemble d’éléments qu’il disséminera sur les zones qu’il traverse, comme des graines, des spores de champignons, des insectes,... mais aussi des parasites, notamment des tiques pouvant être porteuses de la maladie de Lyme, et des parasites intestinaux tels que les strongles notamment.

L’absence devenue quasi totale de ses prédateurs naturels (loup, lynx) le rend de moins en moins rapide et musclé, et a des conséquences sur la densité des populations, et c’est dans ce cas que sa présence, trop importante, peut devenir problématique. Actuellement seul le renard roux subsiste en tant que prédateur des jeunes individus, ainsi que les chasseurs qui doivent compenser l’absence des prédateurs qu’ils ont eux-mêmes éliminés, pour endiguer les populations grandissantes et les déséquilibres qu’ils engendrent.

Le cas (épineux ?) des sangliers

Les sangliers sont souvent considérés comme des “nuisibles” : ils sont à la faune sauvage ce que les “mauvaises herbes” sont au potager. Mais, tout comme on nous explique de plus en plus souvent que la notion de “mauvaise” herbe est très relative, peut-il en être autant de cet animal envahissant ?

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Un sanglier
Le sanglier est un mammifère forestier. Il pèse entre 100 et 160 kg, mesure entre 60 et 115 cm de haut et entre 110 et 180 cm de long, les spécimens du sud de la France étant souvent moins imposants que ceux du nord. D’activité principalement nocturne, il parcourt son territoire pour y trouver sa nourriture, se roule dans des flaques de boue (les souilles), et se frotte contre les troncs d’arbres. Omnivore, il mangera diverses parties des végétaux (tubercules, rhizomes, fruits comme p.ex. les glands, céréales), des champignons, des insectes et leurs larves, de petits mammifères ou des oiseaux, vivants ou morts.

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Une souille de sanglier dans un parc de chevaux (©Les écuries du Grand Vallat)
D’ordinaire les sangliers ont plutôt tendance à fuir la présence des humains, ainsi que celle des chevaux. Mais parfois ils sont appelés à devenir plus envahissants parce qu’ils ont été dérangés par la chasse, le manque de nourriture, ou partent à la recherche d’eau. Dans ce cas les sangliers peuvent entrer dans les parcs de nos chevaux avec plus ou moins de délicatesse, ce qui peut impliquer de la casse dans les clôtures (si elle est placée trop bas ; sinon ils passent au-dessous), et une fois à l’intérieur ils peuvent occasionner des dégâts plus ou moins gênants, allant du retournement des crottins jusqu’au creusement de véritables trous dans les champs de foin.

Un tas de crottins retournés par les sangliers dans un parc : les parasites
se retrouvent à l'air libre et périssent. (©Les écuries du Grand Vallat)

Mais tout cela est-il aussi néfaste qu’on le pense ? Des études (3) semblent montrer que les sols retournés par les sangliers ont une vie microbienne plus équilibrée, et que ces derniers participent à la diffusion des spores de champignons (essentiels à la vie du sol) et de plantes (4). En fait, il semblerait que leur présence devienne problématique à partir du moment où c’est l’homme qui a rompu l’équilibre naturel, en éliminant leurs prédateurs sauvages, en les nourrissant dans les forêts, voire en produisant des croisements avec des cochons d’élevage (les fameux “sanglochons” ou “cochongliers”). En d’autres termes, pour que la cohabitation avec les sangliers se passe bien, il faut (comme souvent) agir le moins possible !

Petits carnivores

Le renard roux

Le renard a un régime majoritairement carnivore, mais pas uniquement : il se nourrira de rongeurs (souris, campagnols, écureuils, etc.), de lapins, petits ongulés, grenouilles, oiseaux (passereaux, faisans, perdreaux) ou serpents, mais aussi d’insectes (coléoptères, sauterelles), de poissons, et de fruits (mûres, pommes, raisins, glands). Il est nécrophage à l’occasion, et globalement opportuniste : il mange ce qui se présente à lui en fonction des lieux et des saisons. Il lui arrive également de s’attaquer à des volailles d’élevage en profitant d’un enclos mal fermé (5).

Ses grandes facultés d’adaptation en ont fait l’un des mammifères les plus répandus sur la planète.

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Un renard roux
Le renard est un petit mammifère de 35 à 40 cm de haut, pesant environ 7 kg. Il peut vivre seul ou en groupe jusqu’à 7 individus. C’est un animal territorial, qui marque son chez-lui à l’aide de ses glandes anales et de son urine qu’il utilise sur les pierres, buissons, souches et touffes d’herbes. Son activité est essentiellement nocturne mais pas forcément.

Les principaux prédateurs de cet animal sont le loup, le lynx, l’aigle et le hibou grand-duc, qui s’attaquent surtout aux petits. Ils sont le premier vecteur de la rage en Europe (mais la maladie est quasi éradiquée en France). Ils sont également des vecteurs de puces et de tiques, et par conséquent des maladies qui vont avec (comme la leptospirose p.ex.). Le renard est en outre porteur de nombreux parasites intestinaux, dont certains peuvent se transmettre à l’homme par le contact avec les zones souillées d’urine ou d’excréments.

Le blaireau

Il s’agit d’un petit mammifère mesurant entre 20 et 30 cm de haut et pesant une douzaine de kg. Il vit en groupe rassemblé autour d’un grand terrier commun, avec des activités sociales de toilettage et de jeu, assez importantes, et son activité est nocturne.

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Un blaireau
Prédateur omnivore, il trouve ses proies en fouissant dans le sol (lombrics et larves) ou en les attrapant (insectes, petite rongeurs, grenouilles, crapauds, serpents), mais il mange aussi des champignons et des fruits, des racines et des tubercules. Il peut également grapiller quelques céréales dans les champs ou des raisins dans les vignes, mais cela reste rare.

Par son activité de fouissage, le blaireau participe à la dispersion des graines dans le sol, et ses urines riches en azote fournissent des nutriments à la végétation (sureau, ortie, alliaire,...).

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Traces de pattes de blaireau (©Les écuries du Grand Vallat)
Il souffre d’une mauvaise réputation injustifiée qui fait qu’il a été beaucoup chassé, et il est également touché par la régression du nombre de vers de terre qu’il consomme en quantité. Il souffre également des risques dus au trafic routier. La population est globalement en baisse et il a disparu de plusieurs de ses anciens territoires. L’espèce est protégée en Belgique et au Luxembourg.

Le faucon crécerelle

Le faucon crécerelle est un petit oiseau de proie commun (environ 70 à 80 cm d’envergure). C’est ce petit rapace que l’on voit effectuer ce “vol battu” caractéristique, où il bat des ailes rapidement tout en restant stationnaire, guettant une proie au sol.

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Un faucon crécerelle
C’est un carnivore qui se nourrit de petites proies telles que des insectes, des rongeurs, des serpents, des grenouilles, des lézards ou des oiseaux. Il a besoin d’un environnement ouvert pour trouver ses proies, on le trouvera donc au-dessus des champs et des clairières.

Et les grands carnivores ? 

 

Désormais peu présents sous nos latitudes, les prédateurs de taille supérieure tendent à revenir néanmoins peupler nos campagnes et permettent de rétablir un équilibre détruit par leur éradication. On a vu qu’en tant que prédateurs naturels de petits mammifères devenus envahissants tels que les renards ou les sangliers, ils permettent d’en limiter les débordements et donc les risques qui vont avec (maladies, destructions etc.). Mais peuvent-il s’attaquer à nos chevaux ? Quel est le risque de la cohabitation ?

Le lynx

Oui, le lynx est un animal qui fait partie de la faune sauvage naturelle des forêts françaises, après en avoir totalement disparu au XIXe siècle. Ce félin mesure environ 70 cm de haut pour une vingtaine de kilogrammes. On en trouve actuellement dans le massif du Jura et dans les Alpes, mais son territoire descendait initialement jusqu’au sud de la Provence.

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Un lynx
C’est un prédateur solitaire territorial, actif la nuit. Il n’est pas charognard, et peut s’attaquer au bétail en cas de pénurie de nourriture ; mais il n’attaque pas l’homme (6). Après avoir été longtemps chassé, il est aujourd’hui réintroduit dans de nombreux pays afin de réguler les populations de cervidés.
Les lynx ne sont que très rarement porteurs de la rage, et souffrent moins des risques de maladies que de l’activité humaine : chasse, braconnage et trafic routier. Ses prédateurs naturels sont le loup et l’ours (7). Et même si l’espèce est aujourd’hui protégée en France et dans de nombreux pays, malgré tout le braconnage sévit toujours.

Le loup

Épineux sujet que celui du loup ! Probablement le premier animal domestiqué par l’homme, alimentant tous les domaines culturels et imaginaires humains (art, littérature, mythologie), il est progressivement passé du côté des “ennemis”, des “nuisibles” que l’on a d’abord éradiqués au XIXe siècle, puis protégés lors de leur retour à la fin du XXe siècle en comprenant qu’ils faisaient partie de l’équilibre naturel. Mais cette réapparition du loup gris ne se fait pas sans difficultés pour les humains qui avaient largement modifié leurs habitudes sans sa présence.

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Un loup
Le loup est un mammifère d’environ 70 cm de haut, d’un poids très variable (allant de 15 à 70 kilos). Sa mâchoire est l’une des plus puissantes des animaux actuels, c’est également un excellent coureur et un bon nageur. Il vit en meute, c’est-à-dire généralement dans une famille de 7 à 12 membres.

C’est le prédateur naturel des brouteurs : chevreuils et sangliers, dont on a vu qu’ils avaient tendance à se surdévelopper en son absence, occasionnant des déséquilibres durables dans l’écosystème qui affectent tout aussi bien la faune que la flore (8). Le loup peut également attaquer des animaux d’élevage pour se nourrir : moutons notamment, et si le reste du troupeau ne fuit pas il va parfois se livrer à ce que l’on appelle le “surplus killing” qui consiste à tuer plus d’animaux qu’il n’en mange (9). Il peut arriver que des loups attaquent un humain isolé, néanmoins les cas sont extrêmement rares (10) ; d’une manière générale, les loups préfèrent s’attaquer à des animaux sauvages qu’à des animaux d’élevage (qui sont plus proches des humains), et le feront en général lorsque leurs besoins en nourriture ne pourra être assuré par la faune sauvage (11) (car la concurrence entre les deux espèces est réciproque : le loup peut s’attaquer au bétail humain, mais c’est l’humain par la chasse et la déforestation qui réduit les ressources naturelles du loup et le pousse à chercher ailleurs).

La concurrence entre les deux espèces mène où l’on sait : en 1940, le loup a totalement disparu de France et de presque toute l’Europe. Il réapparaît spontanément dans le Mercantour en 1992, et il a progressivement recolonisé tous les massifs jusqu’à s’implanter dans les Vosges en 2011.

Le loup peut-il s’attaquer à nos chevaux ? En théorie, cela peut arriver. Mais dans la pratique ça reste assez improbable, parce qu’un cheval constitue une proie de grande taille et que le loup aura tendance à préférer des proies sauvages, plus petites et plus lentes. L’attaque récente supposée d’un loup sur une jument dans les Basses Alpes reste un cas isolé, et la culpabilité du loup n’a pas encore été prouvée à ce jour.

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Notes et références


(1) Chritine Puech, Mortalités anormalement élevées chez le Lièvre d'Europe, en France en 2004 : en lien avec l'EBHS, Thèse de l'École Nationale Vétérinaire de Nantes
(2) Picot D., Bideau É., Hamard J.-P., Calatayud F., Ducousso A. & Ballon PH. (2006), "Impact du frottis de chevreuil sur le chêne sessile : premiers enseignements d’une expérimentation", in Revue Forestière Française 58(6) : 521-530
(3) Dirk Mohr, Lee W. Cohnstaedt & Werner Topp (2005), "Wild boar and red deer affect soil nutrients and soil biota in steep oak stands of the Eifel", in Soil Biology and Biochemistry 37(4) : 693-700
(4) Thilo Heinken, Marcus Schmidt, Goddert von Oheim, Wolf-Ulrich Kriebitzsch & Hermann Ellenberg (2006), "Soil seed banks near rubbing trees indicate dispersal of plant species into forests by wild boar", in Basic and Applied Ecology, 7(1) : 31-44
(5) Jean-Pierre Jost & Jost Yan-Chim. (2005), Le Renard: Aspect, comportement, urbanisation, Cabedita
(6) « Huit questions, huit réponses » [archive], sur http://www.pronatura.ch [archive], Pronatura
(7) Peter Jackson & Adrienne Farrel Jackson (1996), Les Félins : Toutes les espèces du monde, Turin, Delachaux & Niestlé, coll. "La bibliothèque du naturaliste"
(8) Cf. par exemple l’impact positif sur l’écosystème de la réintroduction du loup dans le parc de Yellowstone (Douglas H. Chadwick (2011), « Keystone Species : How Predators Create Abundance and Stability » [archive], sur motherearthnews.com,‎ juin 2011), ou leur importance pour éviter la désertification de la steppe mongole (Jiang Rong (2008), Le totem du loup, Bourin).
(9) http://www.loup.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?rubrique14
(10) Les cas sont tellement rares qu’il existe au Canada une prime accordée à celui qui saura prouver une attaque de loup sur l’homme (Sabrina Prini (2002), "Loup et pastoralisme. Quel prix pour une cohabitation ?", Thèse vétérinaire, Université Lyon 1).
(11) Jean-Marc Landry, Le Loup : biologie, mœurs, mythologie, cohabitation, protection..., Delachaux & Niestlé : 183, 191